Le 22 mai 2026, la Rencontre Annuelle des Musulmans de l’Ouest (RAMO), prévue à Nantes, a été interdite par les autorités françaises en raison de préoccupations selon lesquelles des intervenants liés à Musulmans de France pourraient tenir des propos contraires aux principes de la République[1]. Bien que cette décision ait été prise à l’occasion d’un événement spécifique, sa portée dépasse largement le cadre nantais. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de mesures administratives visant des réseaux et des organisations que les autorités françaises considèrent comme liés aux Frères musulmans[2].
Au cours des dernières années, la France a renforcé son recours à des mesures préventives, notamment l’interdiction de rassemblements publics, la dissolution d’organisations et le renforcement de la surveillance des activités religieuses et associatives[3]. Ces actions traduisent une préoccupation croissante face à des formes d’influence qui ne reposent pas nécessairement sur la violence directe, mais qui s’exercent à travers un engagement social, éducatif et religieux de long terme[4]. En conséquence, l’action publique s’est progressivement déplacée de la réponse aux activités illégales vers la limitation de la capacité de certains réseaux à s’organiser, à se mobiliser et à accroître leur influence.
Dans cette analyse, la surveillance désigne le suivi d’organisations et de réseaux considérés comme présentant des enjeux idéologiques ou sécuritaires, sans nécessairement entraver leurs activités. À l’inverse, l’endiguement renvoie au recours croissant à des mesures administratives préventives – telles que les dissolutions d’organisations, les interdictions de rassemblements publics ou l’élargissement des pouvoirs réglementaires – visant à limiter la visibilité, les capacités organisationnelles et la mobilisation de ces réseaux avant même qu’une infraction pénale ne soit établie. L’objectif de cette étude n’est donc pas de soutenir que la France a abandonné la surveillance, mais d’examiner si les évolutions récentes suggèrent un recours accru à l’endiguement en complément de celle-ci.
Cette étude ne soutient pas que la France aurait adopté une doctrine entièrement nouvelle de gestion de l’islam politique. Elle défend plutôt l’idée qu’un ensemble cohérent de décisions administratives prises depuis 2020 révèle un déplacement progressif des priorités de l’action publique : de la seule surveillance des réseaux concernés vers une logique plus affirmée d’endiguement préventif.
Pris isolément, l’interdiction de la RAMO ne suffit donc pas à démontrer une transformation doctrinale. Son intérêt analytique tient à son inscription dans une séquence plus large de mesures administratives visant à limiter la visibilité, les capacités d’organisation et la mobilisation publique de certains réseaux considérés comme liés aux Frères musulmans.
La décision de Nantes soulève ainsi une question plus générale : assiste-t-on à un simple durcissement ponctuel des instruments de surveillance, ou à une reconfiguration plus durable de l’action publique autour de la prévention de l’influence ? Cette analyse aborde cette question en revenant d’abord sur les préoccupations de longue date de la France à l’égard des Frères musulmans, puis en examinant l’interdiction de la RAMO comme étude de cas, avant d’évaluer si les interdictions administratives peuvent réellement réduire l’influence de ces réseaux ou si le véritable défi réside dans des stratégies de plus long terme fondées sur l’intégration, la représentation et la cohésion sociale.
Les préoccupations de longue date de la France à l’égard des Frères musulmans
La laïcité, principe français garantissant la liberté de religion tout en limitant l’influence de celle-ci sur les institutions publiques, constitue le fondement des préoccupations persistantes de la France à l’égard des Frères musulmans[5]. Selon la définition officielle de l’État, la laïcité est un principe juridique qui garantit la liberté de croire ou de ne pas croire et organise les relations entre l’État et les religions. Dans la pratique, elle crée un environnement politique particulièrement sensible aux mouvements sociaux organisés à caractère religieux. Il est largement admis que ce que certains qualifient de « sécularisme étatique militant » structure les débats sur l’islam en France et que la méfiance à l’égard de la religion dans l’espace public dépasse largement les seuls cercles de l’extrême droite.
Cela permet d’expliquer pourquoi les notions de séparatisme, de communautarisme et la crainte de systèmes sociaux concurrents dominent aujourd’hui les débats sur l’islam politique davantage que les questions théologiques. Lors de la présentation du projet de loi devenu par la suite la loi de 2021 confortant le respect des principes de la République, le ministère de l’Intérieur estimait que certains acteurs utilisaient la religion afin de construire une société parallèle et de faire prévaloir leurs propres règles sur le droit commun[6]. Cette logique rejoint les mises en garde formulées par le président Emmanuel Macron contre une idéologie qui prétend placer ses propres normes au-dessus de celles de la République[7]. En réponse, les pouvoirs publics ont renforcé la réglementation du financement étranger, de l’enseignement alternatif et des lieux de culte associés à ces réseaux[8].
Les groupes liés aux Frères musulmans font l’objet d’une attention particulière, car ils sont de plus en plus perçus par les autorités comme l’incarnation d’un islam politique non violent reposant sur un ancrage local. En 2025, le ministère de l’Intérieur a publié un rapport intitulé Muslim Brotherhood and Political Islamism in France, destiné à documenter ce que le gouvernement considère comme la réalité de l’islam politique en France[9]. Le rapport décrit une stratégie d’influence de long terme reposant sur les écoles, les mosquées, les ONG et des relais locaux, tandis que Le Monde a mis en avant les préoccupations liées à son implantation au niveau municipal ainsi qu’aux risques qu’elle pourrait faire peser sur la cohésion nationale[10]. Selon ce rapport, la menace est davantage appréhendée comme un écosystème d’influence que comme une insurrection[11].
Toutefois, un débat persistant demeure quant à l’ampleur réelle et au degré de cohérence de ces réseaux[12]. Le débat organisé à l’Assemblée nationale en janvier 2026 sur une éventuelle inscription des Frères musulmans sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne illustre à quel point cette question est sortie du seul champ de l’expertise sécuritaire pour s’imposer dans le débat politique national. Malgré l’attention croissante portée au mouvement, les appréciations de son influence et de son implantation organisationnelle demeurent très divergentes[13]. Plus largement, cette discussion met en évidence le lien de plus en plus étroit entre les politiques de prévention de la radicalisation et des enjeux plus vastes tels que l’intégration religieuse ou la place de la religion dans l’espace public. La question n’est donc plus seulement de savoir si ces réseaux doivent être surveillés, mais jusqu’où l’État peut ou doit aller dans la restriction de leurs activités.
L’endiguement administratif depuis 2020 : l’interdiction de Nantes dans une évolution plus large des politiques publiques
L’interdiction de la Rencontre Annuelle des Musulmans de l’Ouest (RAMO) à Nantes peut sembler être une décision isolée, mais elle est essentielle pour comprendre pourquoi les autorités françaises reviennent régulièrement vers les mêmes réseaux. Le 22 mai 2026, un arrêté a été pris afin d’interdire ce rassemblement, organisé par l’Association Islamique de l’Ouest de la France à la mosquée Assalam les 23 et 24 mai, à la demande du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Selon la justification officielle, des responsables de Musulmans de France — fédération formellement identifiée par le ministère de l’Intérieur comme « la branche nationale des Frères musulmans en France » — étaient susceptibles de tenir « des propos constitutifs d’infractions pénales ou portant atteinte à la dignité humaine ainsi qu’aux principes de la République »[14]. Saisi en appel, le tribunal administratif de Nantes a confirmé cette interdiction[15].
La logique qui sous-tend le ciblage de ce type d’événements découle directement du rapport publié par le ministère de l’Intérieur en mai 2025. Celui-ci définit l’entrisme sociétal comme une stratégie non violente et de long terme visant à accroître son influence à travers les mosquées, les établissements scolaires et les événements publics, plutôt qu’au moyen d’une confrontation politique directe[16]. Dans cette perspective, les grands rassemblements annuels organisés par Musulmans de France sont perçus par l’État comme bien davantage que de simples manifestations religieuses ; ils sont considérés comme des espaces de mise en réseau et de mobilisation. Les autorités françaises estiment qu’un projet idéologique incompatible avec les principes de la République sous-tend ces événements. C’est cette conception de l’influence par la présence, plutôt que par la violence, qui justifie de plus en plus le recours à des mesures préventives.
Cette logique avait déjà été mise à l’épreuve le mois précédent. En avril 2026, la préfecture de police de Paris avait pris un arrêté similaire afin d’interdire le 40ᵉ Rassemblement Annuel des Musulmans de France (RAMF) au Bourget, invoquant des préoccupations liées à l’ordre public et à la menace terroriste. Toutefois, cette interdiction a rapidement été annulée par le tribunal administratif de Paris au motif qu’elle n’était pas suffisamment étayée par les éléments de preuve présentés[17]. À l’inverse, la décision du tribunal administratif de Nantes constitue la première confirmation judiciaire de l’interdiction d’un événement organisé par Musulmans de France. Plus qu’une rupture avec les politiques antérieures, cette décision pourrait traduire une volonté croissante des autorités françaises de recourir à des mesures administratives préventives en complément des dispositifs de surveillance déjà en place.
Ces développements s’inscrivent dans une succession de mesures administratives engagée depuis 2020. Cette évolution a débuté avec la dissolution de plusieurs associations, notamment le CCIF, organisation de lutte contre l’islamophobie, et BarakaCity, organisation caritative musulmane, dans un contexte politique particulièrement tendu après l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty. Cette décision a été confirmée par le Conseil d’État en 2021 au motif que ces organisations portaient atteinte aux valeurs républicaines, sans qu’une condamnation pénale préalable soit nécessaire[18]. La même année, la loi séparatisme a élargi les pouvoirs de l’État en matière de contrôle et de dissolution des organisations. Toutefois, une évaluation sénatoriale publiée en 2024 a montré que cette loi n’avait conduit qu’au retrait de quatre subventions en trois ans, un résultat très inférieur aux objectifs initialement affichés[19]. Plus récemment, le 5 mai 2026, le Sénat a adopté la proposition de loi de Bruno Retailleau contre l’entrisme islamiste par 208 voix contre 124. Ce texte renforce notamment les pouvoirs des préfets à l’égard des lieux de culte, prévoit le gel des avoirs et simplifie les procédures de dissolution. Pris dans leur ensemble, ces développements semblent refléter une évolution progressive de la politique française depuis 2020, caractérisée par un recours croissant aux mesures administratives préventives, tout en maintenant les mécanismes de surveillance existants[20].
L’efficacité de ces mesures doit cependant être appréciée selon trois niveaux distincts : la perturbation organisationnelle, la réduction de la capacité de mobilisation et la transformation des dynamiques idéologiques. Ces trois dimensions ne produisent pas nécessairement les mêmes résultats.
Les interdictions administratives sont-elles efficaces ?
Au cœur du débat français sur la lutte contre l’extrémisme se trouve une question essentielle : l’interdiction de la RAMO et, plus largement, le recours croissant aux mesures administratives constituent-ils des outils réellement efficaces ? Les éléments disponibles permettent des interprétations différentes selon les critères retenus, et la réponse dépend largement des objectifs assignés à ces mesures.
1. Les arguments en faveur des restrictions administratives
Selon les partisans de l’approche actuelle, les interdictions remplissent une fonction qui dépasse la simple perturbation immédiate des activités concernées. Leur effet le plus visible réside dans la réduction de la visibilité des organisations. L’État considère que de grands rassemblements tels que la Rencontre Annuelle des Musulmans de France (RAMF) ou la RAMO constituent avant tout des espaces de mise en réseau et de mobilisation, davantage que de simples événements religieux. Les empêcher de se tenir prive ces groupes d’une présence publique légitime et entrave le développement de relations interpersonnelles difficiles à reproduire dans un environnement numérique[21].
Au-delà de cette question de visibilité, les interdictions remplissent également une fonction de signal. Lorsqu’il dissout une organisation ou interdit un rassemblement, l’État adresse un message clair en affirmant que certaines activités sont jugées incompatibles avec les valeurs de la République. Cette logique a été renforcée par la décision du Conseil d’État de 2021 confirmant la dissolution de BarakaCity et du CCIF, établissant qu’un tel seuil d’intervention pouvait être atteint sans qu’une condamnation pénale soit nécessaire. Cette approche abaisse le niveau de preuve requis pour justifier certaines mesures préventives et renforce la posture dissuasive de l’État[22]. Un autre argument avancé est que la limitation de l’accès aux événements organisés réduit les possibilités de recrutement, notamment parmi les jeunes susceptibles d’être attirés vers des réseaux liés aux Frères musulmans à travers des associations sportives ou éducatives, comme l’indique le rapport du ministère de l’Intérieur de 2025[23].
2. Les limites de l’approche administrative
La principale limite des mesures administratives réside dans leur finalité même. Elles ne visent ni à transformer les idées ni à faire disparaître les idéologies ; elles cherchent avant tout à contenir les organisations en limitant leur visibilité, leur capacité de mobilisation et leur accès aux espaces publics. Selon ces critères, ces mesures peuvent être efficaces. Toutefois, leur réussite ne se traduit pas nécessairement par une diminution de l’influence idéologique.
La dissolution du CCIF en 2020 illustre cette difficulté[24]. Malgré la disparition de l’organisation en France, des discours similaires ont continué à émerger et à être relayés à l’étranger[25]. Cela reflète une dynamique plus large dans laquelle les organisations s’adaptent aux contraintes imposées par l’État en se restructurant, en se relocalisant ou en se réinventant. Ainsi, l’action administrative peut perturber certaines structures sans pour autant faire disparaître les réseaux qui leur sont associés.
Les critiques soutiennent également que les politiques restrictives peuvent produire l’effet inverse de celui recherché. Human Rights Watch ainsi que plusieurs organisations de la société civile ont averti que l’extension des pouvoirs administratifs risquait de créer une forme d’incertitude parmi les organisations autorisées à exercer leurs activités, ce qui pourrait décourager la participation citoyenne et alimenter un sentiment d’exclusion[26]. L’ampleur réelle de ces risques reste sujette à débat, mais ces critiques soulignent la difficulté de distinguer l’influence idéologique, l’activisme religieux conservateur et les véritables menaces à la sécurité.
Cette tension est apparue de manière particulièrement visible lors du débat tenu à l’Assemblée nationale en janvier 2026[27]. Certains intervenants ont remis en question la capacité des outils administratifs à répondre à des formes d’influence qui s’exercent à travers la participation politique légale, l’engagement associatif ou les connexions transnationales, tandis que leurs partisans estimaient que des mesures plus fermes étaient nécessaires pour limiter l’influence des réseaux liés aux Frères musulmans. Cette distinction est essentielle : les mesures administratives visent avant tout à restreindre la capacité des organisations à s’organiser, à recruter et à agir dans l’espace public, plutôt qu’à modifier les convictions qu’elles véhiculent. À cet égard, elles apparaissent davantage comme des instruments d’endiguement organisationnel que comme des outils capables de réduire l’attrait idéologique des mouvements islamistes[28].
Le véritable défi des politiques publiques
Ce déplacement traduit une évolution plus profonde de la conception française du risque. Celui-ci n’est plus seulement associé à la préparation ou à la commission d’actes violents, mais également à la capacité de certains réseaux d’exercer une influence durable sur les comportements sociaux, éducatifs et religieux.
Si les mesures administratives se révèlent plus efficaces pour contenir les organisations que pour transformer les idéologies, alors le véritable enjeu des politiques publiques dépasse la seule question des Frères musulmans. Il ne s’agit plus uniquement de savoir comment restreindre des réseaux considérés comme problématiques, mais également de réduire les conditions qui leur permettent de conserver leur influence dans la durée.
La construction d’une infrastructure religieuse plus autonome constitue l’un des principaux volets non administratifs de la stratégie française[29]. Dans le cadre d’une politique plus large visant à réduire les influences étrangères et à favoriser l’émergence d’un encadrement religieux formé localement, les imams « détachés » envoyés par l’Algérie, le Maroc et la Turquie ne sont plus autorisés à exercer en France depuis janvier 2024[30]. Toutefois, l’architecture institutionnelle destinée à accompagner cette transition demeure incomplète. Créé en 2022 pour remplacer le Conseil français du culte musulman (CFCM), le Forum de l’Islam de France (FORIF) continue de faire face à des interrogations concernant sa représentativité et sa légitimité[31]. Cette situation illustre la difficulté d’organiser l’islam dans un cadre républicain dépourvu d’autorité religieuse centralisée.
Cette réalité met en évidence l’une des principales limites d’une approche principalement centrée sur la sécurité. Les mesures administratives peuvent réduire la visibilité des organisations, limiter leur développement et entraver leurs capacités de mobilisation. Elles demeurent toutefois moins efficaces lorsqu’il s’agit de répondre aux enjeux de représentation religieuse, de confiance institutionnelle ou d’engagement des communautés[32]. De plus, les efforts visant à renforcer la coopération entre les pouvoirs publics et la société civile peuvent être compliqués par des politiques qui ciblent des catégories plus larges plutôt que des réseaux précisément identifiés[33].
Ainsi, l’endiguement administratif peut offrir un répit temporaire, mais la résilience à long terme repose sur l’existence d’institutions religieuses crédibles ainsi que sur des efforts durables visant à renforcer la confiance entre l’État et les communautés avec lesquelles il cherche à dialoguer.
Conclusion
L’évolution récente de l’approche française à l’égard des réseaux liés aux Frères musulmans ne peut être réduite à une simple intensification des dispositifs de surveillance. Elle semble plutôt révéler un déplacement plus profond de la manière dont l’État appréhende le risque : celui-ci n’est plus seulement associé à la préparation ou à la commission d’actes violents, mais aussi à la capacité d’acteurs non violents à structurer durablement des espaces sociaux, religieux et éducatifs. À travers les interdictions de rassemblements, les dissolutions d’organisations et le renforcement des instruments administratifs, l’action publique tend ainsi à se déplacer du contrôle des comportements illégaux vers la limitation préventive des capacités d’influence.
Cette évolution n’est toutefois pas sans ambiguïté. Si l’endiguement administratif peut réduire la visibilité de certains réseaux, perturber leurs modes d’organisation et limiter leur capacité de mobilisation, il ne permet pas nécessairement de transformer les dynamiques idéologiques qui les soutiennent. L’influence, contrairement à la violence, demeure difficile à saisir juridiquement et politiquement : ses effets sont diffus, ses frontières incertaines, et ses formes d’expression peuvent relever d’activités associatives, religieuses ou civiques légalement constituées. C’est précisément dans cette zone grise que se situe le principal défi des politiques publiques.
L’enjeu, dès lors, n’est pas seulement de savoir jusqu’où l’État peut aller dans la restriction administrative d’organisations considérées comme problématiques, mais comment il peut articuler prévention, État de droit, cohésion sociale et représentation religieuse légitime. À long terme, la résilience ne dépendra pas uniquement de la capacité à contenir des réseaux d’influence, mais aussi de la capacité à construire des institutions crédibles, des partenariats durables et des espaces de confiance capables de réduire les conditions sociales, symboliques et institutionnelles dans lesquelles ces influences se recomposent.
[1] Stéphane Joly, “Nantes : Le Tribunal Administratif Confirme l’Interdiction de La RAMO,” INFO.FR, May 25, 2026, https://info.fr/nantes-tribunal-administratif-confirme-interdiction-ramo/.
[2] Juliette Jabkhiro, “Government-Commissioned Report Says Muslim Brotherhood Posing Threat to French Unity,” Reuters, May 21, 2025, https://www.reuters.com/world/government-commissioned-report-says-muslim-brotherhood-posing-threat-french-2025-05-21/.
[3] Ministère de l’Intérieur, Publication du rapport « Frères musulmans et islamisme politique en France », May 21, 2025, https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers-de-presse/publication-du-rapport-freres-musulmans-et-islamisme-politique-en-france
[4] Le Monde, “Political Islam: A Real Challenge and a Regrettable Opportunity for Political One-Upmanship,” Le Monde.fr (Le Monde, May 23, 2025), https://www.lemonde.fr/en/opinion/article/2025/05/23/political-islam-a-real-challenge-and-a-regrettable-opportunity-for-political-one-upmanship_6741581_23.html?.
[5] laicite.gouv.fr, “Laïcité,” Laïcité, 2021, https://www.laicite.gouv.fr/quest-ce-que-laicite.
[6] Ministère de l’Intérieur, “Vécu et Ressenti En Matière de Sécurité, Victimation, Délinquance et Sentiment d’Insécurité – Rapport d’Enquête Édition 2024,” Ministère de l’Intérieur, October 31, 2025, https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers-de-presse/projet-de-loi-confortant-respect-des-principes-de-republique.
[7] La Maison Élysée, “Fight against Separatism – the Republic in Action: Speech by Emmanuel Macron, President of the Republic, on the Fight against Separatism.,” elysee.fr, October 2, 2020, https://www.elysee.fr/en/emmanuel-macron/2020/10/02/fight-against-separatism-the-republic-in-action-speech-by-emmanuel-macron-president-of-the-republic-on-the-fight-against-separatism
[8] Juliette Jabkhiro, “Insight: Muslim Schools Caught up in France’s Fight against Islamism,” Reuters, June 5, 2024, https://www.reuters.com/world/europe/muslim-schools-caught-up-frances-fight-against-islamism-2024-06-03/.
[9] Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport présenté en Conseil de défense et de sécurité nationale, 21 mai 2025, https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers-de-presse/publication-du-rapport-freres-musulmans-et-islamisme-politique-en-france.
[10] Le Monde, “French Report Warns of Spread of Muslim Brotherhood Ideology,” Le Monde.fr (Le Monde, May 21, 2025), https://www.lemonde.fr/en/france/article/2025/05/21/french-report-warns-of-subtle-but-subversive-spread-of-muslim-brotherhood-ideology_6741471_7.html.
[11] Lauren Baker, “Central-Local Relations: Issues of Autonomy and Control within the Union Des Organisations Islamiques de France – Project on Middle East Political Science,” Project on Middle East Political Science, September 22, 2017, https://pomeps.org/central-local-relations-issues-of-autonomy-and-control-within-the-union-des-organisations-islamiques-de-france.
[12] Christophe Ayad, “Une Résolution Contre Les Frères Musulmans Adoptée à l’Assemblée Dans Un Climat de Grande Tension,” Le Monde.fr (Le Monde, January 22, 2026), https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/01/22/une-resolution-contre-les-freres-musulmans-adoptee-a-l-assemblee-dans-un-climat-hostile_6663705_823448.html.
[13] Assemblée nationale, “Compte Rendu de La Première Séance Du Jeudi 22 Janvier 2026,” Assemblée nationale, 2026, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/premiere-seance-du-jeudi-22-janvier-2026.
[14] France24, “Macron Urges Action on Muslim Brotherhood Movement,” France 24, May 21, 2025, https://www.france24.com/en/live-news/20250521-macron-urges-action-on-muslim-brotherhood-movement.
[15] Fabienne Béranger, “L’annulation de La Rencontre Annuelle Des Musulmans de l’Ouest Prévue Ce Week-End Confirmée Par Le Tribunal Ad,” France 3 Pays de la Loire, May 23, 2026, https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/l-annulation-de-la-rencontre-annuelle-des-musulmans-de-l-ouest-prevue-ce-week-end-confirmee-par-le-tribunal-administratif-3356026.html.
[16] Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport présenté en Conseil de défense et de sécurité nationale, 21 mai 2025, https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers-de-presse/publication-du-rapport-freres-musulmans-et-islamisme-politique-en-france.
[17] FRANCE 24, “French Court Overrules Police Ban on Annual Muslim Event,” France 24 (FRANCE 24, April 3, 2026), https://www.france24.com/en/france/20260403-paris-police-ban-annual-french-muslim-event-cite-major-terrorist-risk-far-right-groups.
[18] Civicus Monitor, “Les Associations Ripostent à l’Entrée En Vigueur de La Loi Sur Le Séparatisme – Civicus Monitor,” Civicus Monitor, 2025, https://monitor.civicus.org/explore/associations-push-back-separatism-law-comes-effect-cso-tackling-islamophobia-dissolved/.
[19] Simon Barbarit, “Loi Séparatisme : ‘Cette Loi N’a Pas Fait Peur Aux Islamistes’, Selon l’Auteure d’Un Rapport Sénatorial,” Public Sénat, March 7, 2024, https://www.publicsenat.fr/actualites/parlementaire/loi-separatisme-cette-loi-na-pas-fait-peur-aux-islamistes-selon-lauteure-dun-rapport-senatorial.
[20] Agnés Canayer, “Proposition de Loi Visant à Lutter Contre l’Entrisme Islamiste En France,” Sénat, 2019, https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/textes-legislatifs/la-loi-en-clair/proposition-de-loi-visant-a-lutter-contre-lentrisme-islamiste-en-france.html.
[21] Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, Frères musulmans et islamisme politique en France, rapport présenté en Conseil de défense et de sécurité nationale, 21 mai 2025, https://www.interieur.gouv.fr/actualites/dossiers-de-presse/publication-du-rapport-freres-musulmans-et-islamisme-politique-en-france.
[22] Policy Exchange, “French Highest Court Confirms Closure of Islamist Groups BarakaCity and CCIF,” Policy Exchange, October 11, 2021, https://policyexchange.org.uk/blogs/french-highest-court-confirms-closure-of-islamist-groups-barakacity-and-ccif/.
[23] Shamsa AlQubaisi, “The Muslim Brotherhood in France: Structures, Influence, and State Response,” Trendsresearch.org, June 8, 2025, https://trendsresearch.org/insight/the-muslim-brotherhood-in-france-structures-influence-and-state-response/.
[24] Eva Cossé, “French Court Confirms Dissolution of Anti-Discrimination Group,” Human Rights Watch, September 27, 2021, https://www.hrw.org/news/2021/09/27/french-court-confirms-dissolution-anti-discrimination-group.
[25] RAIR Foundation, “France Has Fallen to the Muslim Brotherhood: A Government Report Exposes the Islamic Network within – RAIR,” RAIR, May 24, 2025, https://rairfoundation.com/france-has-fallen-muslim-brotherhood-government-report-exposes/.
[26] Commission national consultative des droit de l’homme, “Premier Avis Sur Le Projet de Loi Confortant Le Respect Des Principes de La République (A-2021-1),” CNCDH, 2021, https://www.cncdh.fr/publications/premier-avis-sur-le-projet-de-loi-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique.
[27] Assemblée nationale, “Compte Rendu de La Première Séance Du Jeudi 22 Janvier 2026,” Assemblée nationale, 2026, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/seance/session-ordinaire-de-2025-2026/premiere-seance-du-jeudi-22-janvier-2026.
[28] Eva Cossé, “Rule of Law Backsliding in France,” Human Rights Watch, December 12, 2025, https://www.hrw.org/news/2025/12/12/rule-of-law-backsliding-in-france.
[29] Jonathan Laurence, The Emancipation of Europe’s Muslims : The State’s Role in Minority Integration (Princeton, N.J.: Princeton University Press, 2012).
[30] “France Will No Longer Accept Imams Trained by Foreign Countries,” RFI, January 1, 2024, https://www.rfi.fr/en/france/20240101-france-will-no-longer-accept-imams-trained-by-foreign-countries.
[31] Jerome Vitenberg, “An Analysis of the French Ministry of Interior’s Report ‘Frères Musulmans et Islamisme Politique En France’ – Findings, Critiques, and Implications – Strategy International · Think Tank & Consulting Services,” Strategy International · Think Tank & Consulting Services, June 5, 2025, https://strategyinternational.org/2025/06/05/publication182/.
[32] Cécile Chambraud, “Forum de l’Islam de France : Le Gouvernement Précise Sa Feuille de Route,” Le Monde.fr (Le Monde, January 22, 2022), https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/22/forum-de-l-islam-de-france-le-gouvernement-precise-sa-feuille-de-route_6110498_3224.html?srsltid=AfmBOoqNf3JUaOhT2CLgbYF-Ip9yZJYyvk-G3TOfNyjNqzR2OhQtoiwB.
[33] Ragazzi, Francesco. 2023. “Counter-Radicalization, Islam and Laïcité: Policed Multiculturalism in France’s Banlieues.” Ethnic and Racial Studies46 (4): 707–27. doi:10.1080/01419870.2022.2032248.